Dépression post-comitium
On se retrouve brutalement sans emploi, avec du temps libre comme il n’est pas permis d’en avoir, le stress d’assurer sa survie embarque invariablement dans le lot, l’orgueil de ne plus vouloir faire les emplois inintéressants à nos yeux. C’est la perte des repères du dernier mois [et demi]. Et comme un post-partum pour une femme, c’était une possibilité indéniable que l’on ne veut pas nécessairement planifier à l’avance. C’est fini, la fièvre électorale (s’il en était une) est terminée.
J’en retire quoi de ces élections? Disons que maintenant, je ne peux plus douter qu’il est effectivement possible dans la vie, d’occuper un emploi motivant. Pour la première fois de ma vie, je me levais le matin sans marcher à reculon vers les transports… Ce qui rend le retour à la vie normale bien plus ardue : je vois la possibilité de retourner à des emplois « de survie » tout aussi grande qu’avant… Cependant, j’ai encore gagné quelques cordes de plus à mon arc professionnel. Une petite expérience de presque deux mois, mais d’une intensité qui en vaut au moins six!
Mais il n’y a pas que les points personnels qui frappent en post-comitium… Le taux de participation au Québec a été de 58 %. Hein? Vous êtes pas sérieux, Québec? On passe notre temps à marteler, et avec raison, que chaque vote est important. On passe notre temps à entendre des gens que la population doit faire obstacle au gouvernement Harper. Et seulement 58 % des gens sortent de chez eux pour voter… Il n’y a pas d’excuses, vous pouviez même voter par la poste cette année, et ce, tout le long de la période électorale! Je ne sais pas exactement pour 2008, mais en 2006, c’est l’équivalent de plus de 2 000 000 de personnes qui n’étaient pas allés voter, dont 800 000 personnes de moins de 30 ans. Si je ne fais que prendre ses jeunes, qui eux ne peuvent pas dire « moi, monsieur, j’ai 85 ans, je ne peux presque pas sortir de chez moi », et on les place tous devant une urne : ça fait une différence énorme. Certaines circonscriptions ont été gagnées (et d’autres, perdues) avec si peu de point… Franchement, ça fait un coup dur, quand on regarde les gens travailler comme des forçats pour se rendre compte qu’à peine quelques points de plus que la majorité absolue reconnaissent le droit incroyable de voter. Je sais, vous avez tout aussi bien le droit de ne pas aller voter, et si vous pensez effectivement que le droit à ne pas voter est tout aussi fondamental, pardonnez-moi la franchise, mais vous êtes de sacrés arriérés sociaux. Merde, vous avez une chance sur 25 000 que votre vote change quelque chose! C’est bien plus de chance qu’au loto 6/49, et pourtant, les loteries sont bien plus populaires à première vue…
Positivement cette fois, j’ai adoré voir et participer au fait que le Bloc Québécois a fait bien des efforts pour s’adapter à la réalité internet, même si elle était loin d’être sacré du Graal deupoinzéro… Les efforts blogguesque et twitteresque (merci!) ne sont pas passés inaperçus et j’en suis fier. Il ne reste qu’à souhaiter que pour la prochaine fois, il y ait un peu plus de place pour les idées novatrices au sein des stratégies de communication… Les partis se sont rendu compte de plus en plus de la capacité des outils web pendant l’élection, on se croise les doigts!
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