16-11-2013_17h17-58_0019

Jalousie

C’est fou à quel point, quand dans une journée entière tu n’as réussi à écrire qu’une demi-page (sur ton objectif de 5!) n’importe quoi fait l’affaire pour faire oublier le reste. Le gars assis devant qui pense qu’à chaque égarement de ma part je l’observe, le gardien de sécurité qui met la main sur ma table quand il passe tout près, la petite boule de poussière. Même la parade de Noël (OK, surtout elle, avec le bruit que ça faisait!). Je les regardais, assis, à s’émerveiller devant les chars allégoriques, mais aussi (et surtout!) devant les voitures et motocyclettes de la police. Moi aussi, j’aimerais ça revenir dans un état d’ignorance où tu ne sais pas. Mais il y a des choses qu’on voit en grandissant, et ça te gâche ton plaisir… et tout le reste.

Profites-en le jeune ça ne durera pas.

15-11-2013_16h13-13_0001

Page blanche

T’as des affaires à faire. Plein d’affaires à faire. En fait, tes affaires c’est des mots, pis ce que tu as à faire avec ces mots, c’est les écrire. Pis tu ne le fais pas. T’as trouvé plein de mots pour t’aider à écrire les tiens, mais… non, ça marche juste pas. La mine reste cachée dans son stylo.

Et toi tu vas faire pareil, parce que c’est tellement plus simple de faire l’autruche comme son stylo…

14-11-2013_19h09-47_0001

Veuillez décrocher

Le cours de ce soir s’est terminé trente minutes plus tôt. Trente minutes de moins à un cours que je n’ai pas envie de suivre. Il est pertinent. Il est intéressant par moment. Mais mes neurones n’y sont pas. Trente minutes surprises qui me redonnent un peu plus de liberté, une liberté dont je ne saurais trop quoi en faire. Être libre, ça donne l’occasion de penser. Et penser refait monter l’angoisse, il n’y a rien à y faire, c’est comme ça. Il faut m’engourdir l’esprit pour m’empêcher de penser.

Je cherchais désespérément un cliché à prendre pour représenter ces trente minutes, une belle horloge, une montre, n’importe quoi. Une petite obsession anodine qui me montre que même l’esprit occupé, je vais trouver inconsciemment le moyen d’angoisser sur quelque chose. Puis je me suis résigné à prendre le premier symbole du temps que je pouvais voir, un téléphone public.

C’est une fois à la maison que j’ai vu le message. Un petit conseil que la vie à bien essayée de me laisser alors que je cherchais par tout les moyens à garder ma tête bien remplit. On ne parle presque plus aux téléphones publics, mais si l’on tend l’oreille, eux ont encore quelque chose à nous dire…

13 novembre 2013, 7h36

M’accrocher à un projet, une journée à la fois

C’est le moment où tout se chamboule dans ma tête, c’est une période de l’année, puis d’un cycle en particulier. Ordinairement, pour me sortir de ce cycle, je lance tout en l’air. Par en arrière de préférence. Disons donc honnêtement que dans ces moments je donne de grand coup de pelle dans la vie en espérant m’y frayer en chemin, ramassant la marde, mais aussi le bon sur le passage comme des dommages collatéraux inévitables dans l’incessante quête d’avancer. Puis il y a ces moments de la vie où tu te rends compte que tout foutre en l’air, c’est efficace, mais c’est pas nécessairement productif. Alors tu cherches comme un con la solution à la vie. Ou non pas LA vie, mais au moins la tienne. T’as des idées, tu lances des projets. Tu ne les finiras jamais, mais c’est juste assez pour te faire tenir jusqu’à la prochaine crise.

Là, je suis rendu à la crise. Et ma dernière lubie c’est de me remettre à la photo. Précisément, une photo par jour pour 365 jours (on verra bien après!) puis un billet pour expliquer le contexte. Rien d’artistique, rien de romanesque. Une photo, un contexte. M’obliger à tenir quelque chose, une routine qui n’en sera pas une, une bouée de sauvetage, une béquille jusqu’à la prochaine crise.

En espérant que ça tienne. Bref.

Mercredi 13 novembre 2013. Depuis cet automne, je coanime les mercredis matin à la radio étudiante de l’université Laval, CHYZ, l’émission la descente du lit. Ce matin, il a fait froid frette et c’est le premier mercredi matin, où j’étais bien heureux que le studio soit dans un sous-sol, sans fenêtres pour m’éviter de regarder le petit fond de neige qui rappelle que la période des bouts du nez gelés arrive à grands pas. La photo aujourd’hui a été croquée quelques minutes avant le début de l’émission, alors que l’on épluche les journaux du matin pour repasser l’actualité sur les ondes. Featuring Louis-Philippe Boulianne en arrière-plan, c’était le départ bien heureux et serein d’une journée mouvementée (et d’une année en photo!) dans la tête d’un angoissée chronique.

Et pour la petite histoire, je rajoute un élément dans le menu ci-haut : « projet 365 », on y retrouvera à terme l’entièreté des photos.

 

On a fait le tour du lac

Ouais, on aura fait le tour du lac… Ontario. Un périple d’un peu plus de 2 500 km. Québec, Montréal, Toronto, Owen Sounds, Onondaga Lake, Glens Falls, Plattsburgh, re-Montréal et retour à Québec. Je n’aurais donc pas fait le passage de 29 à 30 ans chez moi, dans mon lit, mais dans celui d’un hôtel de Toronto. C’est probablement pour ça que ça n’a pas fait mal vieillir d’un coup. Quoi qu’en même temps, j’ai eu un rhume et des maux de coups. Définitivement, je suis vieux… !

© Jean-Philippe Murray

Montagne russe émotionnelle

Y’a de ces jours dans la vie. Où une personne, ou une chose, est en mesure de te faire monter en extase et te mettre dans une humeur de merde en l’espace de quelques secondes.

Je fouillais dans mes archives photo et j’ai retrouvé, en une photo, un des seuls actes gratuitement « méchants » que j’ai jamais faits dans ma vie. Je sors du métro, j’ai ma caméra au cou, et j’attends quelqu’un. Il y a ce violoniste qui joue merveilleusement de son instrument et je me baigne dans sa musique si magnifique.

Mais il me fixe. C’est insistant, vraiment, alors je me lève et me déplace vers lui. J’ai envie de lui donner de l’argent pour le prendre en photo tellement j’aime ce qu’il fait. Ça mérite bien quelque chose un son pareil!

À peine arrivé à la moitié de la distance qui nous sépare, il arrête de jouer et il prend un air menaçant : « t’es aussi bien pas me prendre en photo, j’aime pas ça, pis j’veux rien savoir du monde comme toé ».

Je suis retourné m’asseoir, j’ai mis ma caméra sur le déclencheur à retardement et comme si de rien n’était, j’ai déposé l’appareil. Qui a pris une photo sans que j’aie l’air d’en prendre une. Alors que j’ai été pour partir, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire qu’il venait de perdre un bon montant pour avoir été aussi rude.

Un nouveau visuel, encore plus simple, qui me permettra de faire de cette adresse le centre de ma présence sur le web: mes pensées et réflexions, en blogue, mais aussi d’autre médias, à venir. Plusieurs détails technique à régler et sous peu, un visuel complet et adapté à ma vision du blogue!